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Poésie, Jacques Reda, Celle qui vient à pas légers

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Pourtant je me trompais. Celle qui vient à pas légers, inexplicablement peut se retirer de l’espace habitable où nous nous tenons dans la faveur de son souffle. C’est alors que notre dépit l’abandonne à son tour à la dégradation des hypothèses. Sans doute, elle qui jamais ne nous réponds, mais questionne silen- cieusement, dans sa distance, comme si quelque chose en nous aussi pouvait se lever et s’en aller à sa ren- contre, sans doute il est tentant pour moi de l’appeler poésie. Et, usant du levier rigide qui, aujourd’hui, dans son illusion d’une approche, porte pesamment la critique d’un ne…que arrogant à un autre ne…que servile, je pourrais même dire   qu’elle n ’est que poésie, et que la poésie…Mais il ne faut rien dire. Car étant celle qui appelle, il n’y a pas de nom qui lui convienne - ni, quand elle se retranche, qui réduise ou surmonte l’étendue innommable de son mutisme. Sans rien troubler par l’étendue intérieure où, comme ...