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La douceur, insurrection poétique

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Nous touchons à la vie par sa grande mer de sérénité, la douceur. B.Maillard (article déjà paru en janvier 2020) Ma vie à son aurore était pareille à la fleur -  la fleur épanouie qui laisse tomber un ou deux de ses pétales, et ne sent point sa perte quand la brise du printemps vient quêter à sa porte Aujourd’hui que sa jeunesse est finie, ma vie est pareille au fruit qui n’a plus rien à épargner : elle attend, pour s’offrir tout entière, avec tout son fardeau de douceur Rabindranath Tagore , l’Offrande lyrique  Poésie / Gallimard page 142 Douceur, Je dis: douceur Je dis: douceur des mots Quand tu rentres le soir du travail harassant Et que des mots t’accueillent Qui te donnent du temps. Guillevic (…) je choisis d’être à la confluence des visages levés vers la clarté au point où s’enfle le fleuve de lumière où la douceur humaine sevrée de la douleur palpite comme un pouls ô con...

Rabindranath Tagore, poèmes, La corbeille de fruits, L'offrande lyrique

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Je sens que toutes les étoiles palpitent en moi. Le monde jaillit dans ma vie comme une eau courante; les fleurs s'épanouiront dans mon être. Tout le printemps des paysages et des rivières monte comme un encens dans mon cœur, et le souffle de toutes choses chante en mes pensées comme une flûte. Quand la terre est endormie je viens à ta porte. Les étoiles sont muettes et j'ai peur de chanter; J'attends et je veille, jusqu'à ce que ton ombre passe sur le balcon de la nuit alors je m'en retourne avec un cœur rempli de toi. Puis au matin, je chante sur le bord de la route; les fleurs de la haie me répondent, et l'air matinal écoute. Les voyageurs s'arrêtent soudain pour me regarder en face: ils croient que je les ai appelés par leur nom. Rabindranath Tagore   La corbeille de fruits, Poésie / Gallimard Traduction Hélène du Pasquier  Que tous les accents de joie se mêlent dans mon  chant suprême  -  la j...

Rabindranath Tagore, Gitanjali, L'Offrande lyrique

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Un jour je rencontrerai la Vie en moi, la joie qui   se cache dans ma vie, quoique les jours troublent mon sentier de leur inutile poussière. Je l’ai reconnue par éclairs, et son souffle incertain, en venant jusqu’à moi, a parfumé un instant mes pensées. Un jour je la rencontrerai en dehors de moi la joie qui habite derrière l’écran de lumière – je serai dans la submergeante solitude, où toutes choses sont vues par leur créateur. Le même fleuve de vie qui court à travers mes veines nuit et jour court à travers le monde et danse en pulsations rythmées. C'est cette même vie qui pousse à travers la poudre de la terre sa joie en innombrable brins d'herbe, et éclate en fougueuses vagues de feuilles et de fleurs. (…) Ma vie à son aurore était pareille à la fleur – la fleur épanouie qui laisse tomber un ou deux de ses pétales, et ne sent point  sa perte quand la brise du printemps vient quêter à sa porte. Aujourd’hui que sa jeun...