Pietà de Michel-Ange par Robert Hupka
Marie dans son regard intérieur Oh nuit qui as conduit nuit plus aimable que l'aube levée oh nuit qui as uni l'ami avec l'aimée l'aimée en l'ami même transformée Contre mon sein fleuri qui tout entier pour lui seul se gardait il resta endormi moi je le caressais de l'éventail des cèdres l'air venait Du haut du créneau l'air quand sous mes doigts ses cheveux s'écartaient avec sa main légère à mon cou me blessait et chacun de mes sens me ravissait En paix je m'oubliai j'inclinai le visage sur l'ami tout cessa je cédai délaissant mon souci entre les fleurs de lis parmi l'oubli extrait de Nuit Obscure, Jean de la Croix traduction de Jacques Ancet Poésie/Gallimard Site de Robert Hupka Pietà de Michel-Ange par Robert Hupka